Graveuse depuis plus de 15 ans, Olivia Paroldi est attachée à faire perdurer des gestes traditionnels ancestraux pour les mettre au service d’une liberté artistique contemporaine. La gravure est devenue, au fil des ans, son moyen d’expression privilégié.
Olivia commencé à coller ses estampes dans les rues il y a 8 ans. Le but à ce moment là n’était pas seulement de rendre son travail plus visible ni même de faire connaître sa technique graphique mais belle et bien de faire de la rue l’œuvre. Une œuvre spontanée et gratuite dont nous sommes les acteurs. En choisissant les murs de nos rues comme supports elle revendique de donner à ses estampes une dimension accessible et populaire, d’œuvrer pour une forme d’art libre et offert.
La rue est le lieu qui nous rassemble spontanément, l’espace de toutes les rencontres. Collées aux murs des villes, ses images racontent un moment de vie à ceux qui veulent bien les regarder. Elles sont des petites vies de papier, imaginaires mais toujours inspirées de notre réalité, de nos émotions communes. Les estampes d’Olivia, vagabondent entre les pages des livres d’artistes et les murs de nos rues, libres et toujours éphémères. La gravure et l’estampe sont pour elle des moyens de rendre visible le passage du temps, par ce qu’elles donnent à voir et par ce qu’elles sont.
Ses images viennent rencontrer les regards sur les murs de nos villes, invitent les passants à ralentir leurs pas et à se raconter une histoire, quelques secondes, quelques minutes, changer le rythme trépidant de leur quotidien.
C’est également un travail de l’éphémère. Les estampes collées sur les murs, vivent avec le lieu choisi quelques mois avant que la pluie et le vent ne les fassent disparaître.
Ce temps leur aura permis de s’inscrire dans la mémoire des habitants et dans l’énergie du lieu. Cette forme d’art urbain place le lieu et l’estampe au même degrés d’importance, c’est pourquoi Olivia choisi la plupart du temps ses lieux avant même de commencer à graver ou dessiner.
L’œuvre est complète une fois collée dans la rue. J’aime l’idée que mes créations se composent de trois éléments fondamentaux : l’estampe, la rue et le temps.
Leur aspect éphémère est précieux, les œuvres urbaines n’appartiennent à personne et à tout le monde. Elles sont visibles quelques jours ou quelques mois puis se font une place dans les souvenirs des passants et du lieu.
Pour Olivia, la plus importante des matières premières est sa sensibilité d’artiste, de femme et de mère. C’est certainement la raison pour laquelle les émotions humaines liées au passage du temps sont très présentent dans son travail.
Ses gravures mettent régulièrement en scène des enfants car ils symbolisent à mes yeux toute la force et la fragilité humaine. Les enfants de papier d’Olivia se posent depuis plusieurs années sur les murs des villes du monde pour mettre en image ce qu’on ne voit pas est qui a pris racine dans l’enfance. Ils captent l’attention des passants et posent une lumière sur certaines émotions, comme un témoignage de l’humanité.
Ses estampes s’adressent à tous, elles parlent un langage graphique universel pour évoquer des thèmes qui nous unissent : enfance, construction de soi, passage du temps, errance, immigration, espérance, joie vitale…
Les dessins d’Olivia cherchent à atteindre graphiquement un état poétique qui traduit le silence de certaines vies. Donner à voir différemment ou à voir à nouveau.